[Critique] THE WE AND THE I de Michel Gondry


Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a présenté en avant-première « The We and the I” de Michel Gondry.
Le dernier Gondry  y a remporté  le 
Prix de la Critique Internationale.
Certains spectateurs avaient pu découvrir le film à Cannes, à Paris Cinéma  ou encore lors de la Semaine de la Comédie organisée par UGC et Télérama.
Personnellement, j’ai préféré assister à la projection deauvillaise au CID. (En revanche, je n’ai pas pu suivre la conférence de presse donnée par Michel Gondry : elle était réservée aux journalistes et à quelques « happy few ». Etait également présent à Deauville, le producteur du film, Georges Bermann.)  Voici mon avis sur ce projet audacieux d’un de mes réalisateurs préférés.

 


Synopsis de « The We and the I » :

C’est la fin de l’année. Les élèves d’un lycée du Bronx grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l’été. Le groupe d’adolescents bruyants et exubérants, avec ses bizuteurs, ses victimes, ses amoureux… évolue et se transforme au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviennent alors plus intimes et nous révèlent les facettes cachées de leur personnalité…

 

Critique

A l’heure de la rentrée des classes en France, Michel Gondry nous embarque dans un bus avec un groupe de jeunes du Bronx. C’est la fin de l’année scolaire, et Gondry va filmer leur périple en transport en commun… Unité  de temps et de lieu : entre le générique de début et la toute fin , tout se passera dans le bus en temps réel. « The We ant the I » serait-il un huis clos théâtral ?  Non, car tout semble naturel ici. Ce qui est bien dans ce film,  à part sa formidable vitalité, c’est qu’il évite tous les écueils.

C’est un film sur des jeunes de banlieue, certes, mais Gondry ne noircit pas le tableau. On n’est pas  dans « Detachment«  – qui avait d’ailleurs obtenu le Prix de la Critique Internationale à Deauville l’an dernier. On rit dans ce film ;  par exemple , lorsqu’un grand costaud, « Big T », se fait frapper par une mamie avec une cane. Là on est carrément proche du slapstick…  ou encore autour d’une histoire de cigarettes et de bébé.

Le réalisateur n’édulcore pas non plus la vie des jeunes. Questions sur la sexualité et l’avenir, homosexualité, exclusion, racket et bizutage, deuil, déprime, situations financières et familiale difficiles, soirées « binge drinking » où  l’on boit tellement qu’on ne se souvient plus de rien… Autant de thèmes abordés dans le film.

Michel Gondry ne tombe pas dans le piège du  théâtre filmé ou du film didactique. normal, car les jeunes ne sont pas des acteurs professionnels  mais de véritables  lycéens du Bronx. Leurs échanges sur  téléphones portables (Gondry  insère des images issues des téléphones portables dans le film) créent un fil rouge ; ce n’est qu’à la fin que l’on comprend  l’utilité de ce téléphone, comme un deux ex machina. Et au téléphone, Gondry oppose le carnet de dessin-exutoire. Mais n’en disons pas plus,  il ne s’agirait pas de « spoiler » le rôle de  ces deux objets.

On peut par contre dire sans s’avancer que la fin est une sorte de happy ending pour les personnages principaux, une trève le temps des grandes vacances, malgré une tragédie.  Ne faites pas comme certains spectateurs indélicats, restez pour le générique de fin : vous pourrez découvrir la lettre de la mère des Chen.

J’ai beaucoup apprécié ce « bus movie »entre fiction et réalité. Michel Gondry prouve encore une fois sa créativité et son éclectisme. Vivement l’adaptation de « l’Écume des jours » de Boris Vian  !

Liens

The We and the I 
de Michel Gondry
avec Michael Brodie, Teresa Lynn, Laidychen Carrasco, Raymond Delgado, Jonathan Ortiz, Jonathan Worrell, Alex Barrios, Meghan « Niomi » Murphy…

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6 réflexions sur « [Critique] THE WE AND THE I de Michel Gondry »

  1. C’est très étrange de dire que la fin est un happy ending, vu ce qu’on vient d’apprendre. Je dirais que ce film est lumineux et sombre comme la vie, qu’il contient du drame et de la cruauté, mais aussi de belles personnes! Si vous voulez jetez un oeil à ma critique http://silverparticules.blogspot.fr/2012/09/the-we-and-i-michel-gondry.html

    1. Bonjour et merci pour votre commentaire. C’est peut-être parce que j’avais vu juste avant un film totalement déprimant, Francine… Ici les personnages auront évolué pour la plupart, malgré le drame… Pour moi, la fin est plutôt heureuse et apaisée. Je vais consulter votre blog.

  2. Jolie critique et joli blog. Michel Gondry est un des (rares) réalisateurs actuels qui a une vraie patte, un vrai style visuel. Peut-être me réconciliera-t-il avec L’Ecume des jours que je confesse avoir détesté… 🙂

    N’hésitez pas à faire un tour sur mon blog à l’occasion : http://etats-critiques.over-blog.com

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