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[Critique] Shadow Dancer de James Marsh, avec Andrea Riseborough, Clive Owen et Gillian Anderson

31 janvier 2013

SD
Shadow Dancer
Un film de James Marsh, avec Andrea Riseborough, Clive Owen, et Gillian Anderson
Au cinéma le 6 février

Collette, jeune veuve, est une républicaine, vivant à Belfast, avec sa mère et ses frères, de fervents activistes de l’IRA. Suite à son arrestation après un attentat avorté au coeur de Londres, Mac, un agent secret du MI5, lui offre le choix : passer 25 années en prison et ainsi perdre ce qu’elle a de plus cher, son fils, ou espionner sa propre famille.
Elle décide de faire confiance à Mac, et retourne parmi les siens…

Shadow-Dancer-poster

Affiche anglaise de Shadow Dancer

Critique

Quand La Taupe  rencontre Au nom du Père…

L’ambiance de Shadow Dancer est glauque, inquiétante. C’est un peu comme « La Taupe » (mais en plus court, et avec moins de personnages). La tagline « Collette McVey – Mother, Daughter, Sister, Spy » de l’affiche anglaise ressemble beaucoup à celle de « La Taupe » : « Tinker, Tailor, Soldier Spy » Ceci dit, j’ai été plus prise par ce récit que celui de « La Taupe ». Je ne dis pas que tout le monde va adorer ce film, c’est un peu l’anti – James Bond. Pas de belles voitures, peu de dialogues, pas d’humour, ou de cascades … Ce qui rend les moments de violence encore plus fulgurants.

Le film est situé à Londres et à Belfast « dans les années 90, entre la fin de la période des grands troubles politiques et le début du processus de paix. » (source : dossier de presse)

A cause du contexte (le gouvernement anglais en guerre contre l’IRA), un autre film qui m’est venu à l’esprit : « Au nom du Père » de Jim Sheridan. Même si le personnage de Daniel Day Lewis et son père sont victimes d’une terrible injustice, car accusés à tort d’être terroristes. Ce n’est pas tout à fait la même époque entre les deux films cependant. De plus, « Au Nom du Père  » s’inspire d’une histoire vraie, alors que l’histoire de Collette est une fiction tirée d’un roman éponyme écrit par Tom Bradby, correspondant de guerre en Irlande du Nord pour la télévision dans les années 90…

Dilemme et suspense

Si le scénario part d’une trame historique douloureuse pour les Britanniques, le dilemme de Colette et des autres personnages est assez universel, presque biblique (tuer ou être tué ? Qui sacrifier, dans sa propre famille ? Est-ce que les liens du sang doivent être plus fort que tout ?* La vengeance appelle-t-elle la vengeance ou doit-on pardonner et aller de l’avant ?). Le tout sur fond d’espionnage !

Le dilemme de Collette aurait très bien pu se passer dans un film de gangsters, un thriller asiatique… N’importe quel film où deux clans se déchirent… Car « SD » entier est basé sur le suspense, avec quelques retournements stressants. On demande à Mac, un agent du MI5, de créer une « taupe », Collette, pour en protéger une « autre », mais sans le prévenir que le MI5 se fiche de sa protégée. Les personnages sont coincées et cherche un moyen de s’en sortir et de protéger les membres de leur famille ou leurs convictions.Quelles vont être leurs réactions dans chaque situation ? Accessoirement, on se demande ce qu’on aurait fait dans tel ou tel cas ?

Bref, l’angoisse et le suspense montent crescendo, durant le film… On se demande qui est ce fameux « Shadow Dancer », cet informateur du MI5  que tout le monde recherche ? Lorsque la révélation tombe enfin, on est stupéfait (en tout cas moi je n’avais pas trouvé !) et le film devient encore plus désespéré…

Des acteurs efficaces et une mise en scène sobre

Collette McVeigh est interprétée par Andrea Risebourough (en rouge sur l’affiche). J’avais déjà vu cette actrice dans des seconds rôles, mais je ne l’avais pas remarquée. Le thriller psychologique lui va à ravir : son visage est un masque la plupart du temps, avec par moments une expression qui montre la pression qu’elle endure.

Le jeu des acteurs est tout aussi  intériorisé, personnellement j’ai trouvé l’interprétation de Clive Owen très convenable, et le personnage est très attachant. J’ai également remarqué Domhnall Gleeson qui joue l’un des frères de Collette :  quelle différence avec son personnage dans Anna Karénine (pour la petite histoire j’ai vu les deux films le même jour…) !  Enfin, cela m’a fait plaisir de revoir Gillian Anderson : elle n’apparaît que peu de temps à l’écran mais son personnage est intéressant. Le reste du casting est à l’unisson : sobre mais efficace. Après on pourra s’interroger sur les motivations des personnages principaux. Mac est-il amoureux de Collette ? Se sent-il responsable d’elle ? Et Collette, qu’éprouve – t-elle pour cet ennemi qui est également son sauveur ?

Le jeu des acteurs est soutenu par une mise en scène clinique et froide : le film se passe la plupart du temps en intérieur ( NB : Shadow Dancer a été tourné à Dublin en décors naturels). Le réalisateur déroule son histoire de façon linéaire et implacable,  à la manière du tragédie grecque. La seule fantaisie qu’il s’autorise est le flashback du début – un trauma expliquant pourquoi Collette est devenue terroriste, ainsi qu’une partie de sa famille. Soyez attentifs aux détails : ils ont leur importance (je me demande d’ailleurs quelle serait ma réaction en revoyant le film, maintenant que je connais le fin mot de l’histoire ? )

En conclusion :

Plusieurs mois après avoir vu le film, je me souviens de « Shadow Dancer ». Certains ne seront pas impressionnés ( le film est un peu lent par moments…) et je ne peux pas dire que c’est un chef d’oeuvre à revoir des centaines de fois. En revanche, je peux écrire que c’est un très bon film, que je recommande aux amateurs du genre. Je ne suis pas donc surprise qu’il ait été récompensé aux BFI ou au festival de Dinard. Un dernier conseil : si vous êtes sensible, n’y allez pas seul : c’est un film qui remue et dont on a envie de parler à sa sortie.

* Note :  on retrouve aussi ces thèmes dans le très beau et triste  « Le vent se lève » de Ken Loach.

En savoir plus :

Pour découvrir  la bande-annonce VOST, cliquez ici :

Le making-of de Shadow Dancer

Les festivals qui ont sélectionné le film :

festivals SD

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3 commentaires leave one →
  1. 31 janvier 2013 19:14

    Je l’ai trouvé très moyen pour ma part…problème d’enjeu inexistant, plusieurs incohérences, beaucoup trop mou, bref un film que j’ai oublié aussitôt après le visionnage…

  2. 31 janvier 2013 19:57

    J’ai très envie de le voir ! Merci pour ta critique.

  3. 31 janvier 2013 21:04

    Wildgunslinger, on ne peut pas être toujours d’accord : let’s agree to disagree ! Peut-être que cela m’a plus parlé parce que je suis une femme et que j’ai pensé à ce qu’endurait Collette ? Mais je comprends qu’on puisse être déçu et ne pas accrocher du tout. Lili : de rien, j’attends ton retour sur Shadow Dancer alors !

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